Télétravail et contrôle : quel degré de liberté ce mode émergent propose-t-il?

Télétravail et contrôle : quel degré de liberté ce mode émergent propose-t-il ?

A part la définition négative classique de la liberté - ma liberté s’arrête lorsqu’elle nuit à autrui - je suis mise au défi d’imaginer et de construire une nouvelle liberté « faite sur mesure » en quelque sorte et produite par une recherche d’équilibres dynamiques entre:

  • la recherche d’un comportement « civique » au bénéfice de l’intérêt commun à tous, impliquant un changement de mon comportement au regard de la consommation d’énergies
  • la recherche d’un accomplissement personnel satisfaisant
  • la création de sens au moyen de mon travail
  • l’amélioration de ma coexistence avec ceux qui partagent mon confinement et donc leur meilleure compréhension/valorisation
  • l’accueil des plaisirs de satisfaction sensuelle immédiate
    Etc…

Cette « liberté » implique pour moi une discipline de gestion du temps que je distribue avec l’usage du minuteur de mon mobile

Pour éclairer ce débat sous la lumière de la déontologie écologique, je me réfère au récent ouvrage d’Eileen Crist, Abundant Earth: « No social movement agitating for « liberty, equality and fraternity » can suceed as long as the constitution of the biosphere as humanity’s colony reigns. (…) Social justice is tus not achievable as long as the natural world continues to be stripped of its intrinsic standing and reconfigured as a collection of dead and killable stuff » (p. 246) En somme, grâce à la prise de conscience de l’urgence écologique, « notre liberté » ne peut dorénavant se configurer que grâce à des étalons qui dépassent largement notre seule « humanité », sinon on risque de retomber dans les vieilles bagarres droite-gauche qui depuis deux siècles n’ont fait qu’étendre nos « forfaits de droits » -inégalement bien sûr- au détriment de l’équilibre écologique. C’est en cela que les clivages politiques actuels sont, à mon sens, inopérants.

Pour se défaire de l’idée implicite de contrôle social, qui est perçue des individus plus ou moins significativement sur le lieu de travail, ou voire même interfère dans la sphère privée, il serait intéressant de réfléchir à des modèles alternatifs intégrés. Partant de l’hypothèse que le télétravail est pensé, discuté au sein du contrat social au sens rousseauiste, il pourrait alors soutenir des opportunités de transition sociale, écologique et économique. Co-construire des formes spatiales d’appropriation, d’autonomisation et d’égalisation (au sens de justice sociale de John Rawls) pour inscrire une conscience collective du bien commun à préserver du local au global.